Zebrahead - Phoenix (2008)Les joies du téléchargement m'ont fait "perdre du temps" aujourd'hui. Alors que je comptais m'occuper de cette petite critique du nouveau Zebrahead, je me suis rendus compte en jetant un œil aux paroles d'un titre de l'album, que la chanson que j'écoutais n'étais pas celle que je lisais (putain, je suis dur à suivre ce soir). En gros, les titres n'étaient pas associés aux bons morceaux. Je ne sais pas si ça vous arrive parfois, mais putain qu'est-ce que c'est lourd. Je me suis donc amusé, tel un boloss, à refoutre tout ça en ordre, en écoutant les super extraits en ligne sur amazon.
Bref. Passons au pourquoi de cet article : le dernier disque des californiens de Zebrahead. Deux ans après la bombe "Broadcast to the world" (2006), Zebrahead signe son retour avec "Phoenix" fin 2008, bien décidé à en foutre plein les oreilles. Me passant leur précédent opus presque en boucle depuis un an, et en savourant encore chaque seconde, j'ai eu du mal à me lancer dans la découverte d'une dizaine de nouveaux titres. Mais le jeu en valait la chandelle. Dès les premières notes de "HMP" on est absorbé par l'univers Zebrahead : ça va vite, c'est précis, c'est puissant. Le premier titre fait son effet : notre rythme cardiaque s'accélère, on tapote sur ses genoux et effectue nos premiers mouvements de tête, Ali (chant hip/hop) nous accompagne comme à son habitude jusqu'au refrain pop punk de Matty. Ça y est on est dedans.
Les titres se succèdent, l'énergie est toujours là. A aucun moment on ne s'ennuie. Ed à la batterie n'en finit plus de nous balancer ses rythmiques effrénées, que Ben (basse) et Greg (lead guitare) suivent avec une efficacité déconcertante. Ce dernier expérimente même parfois, un jeu plus typé métal ("Just a Tip"), qui ajoute une saveur différente à certains titres sans jamais nous pousser à se taillader les veines. Le début est carrément bon, mais à cet instant, on ne sait pas que le meilleur reste à venir.
C'est là que démarre "Mental Health", véritable tuerie. Le ciel s'éclaire, on imagine quelques palmiers, une plage, quelques skateurs. On retrouve là le grand Zebrahead, les sonorités californiennes, les choeurs gais et enjoués, dans le style de la chanson qui les révéla au grand public "Playmate of the Year". Puis vient "The Juggernauts", avec son riff de guitare planant et son refrain original, dans le genre hymne. C'est une belle surprise. On reprends tranquillement son souffle. Mais c'est déjà reparti, avec "Death By Disco" et son rythme entrainant, mélange d'influences parfois complètement opposées mais audacieusement réussi.
On entre dans la dernière ligne droite lorsque le titre "Mike Dexter is a god, Mike Dexter is a role model, Mike Dexter is an asshole" et son ska-punk ensoleillé résonne. Une bouffée d'air frais, un vrai bonheur. C'est posé, c'est brillant, c'est agréable. On ferme les yeux et on profite. Sans les rouvrir, on se laisse bercer par le titre suivant, et son intro apaisante : "The Junkie And The Halo" dont le refrain rappelle "Postcards From Hell" (pour ceux à qui ça dit quelque chose). Une démonstration de Zebrahead, un chant rap dynamique et accrocheur, suivi d'un chant californien (Matty, you're the best). Greg, le gratteux, en profite pour s'amuser un peu et nous étale son niveau. A en faire rougir plus d'un.
On sent la fin approcher doucement, même si les cinq guys ont été particulièrement généreux en morceaux (16 titres plus un bonus). "Hit The Ground" commence timidement... Ali au couplet laisse la place à Matty, dans un style plus mélancolique. Mais le refrain fait encore une fois son effet. On croit que c'est fini. Mais on est bel et bien reparti avec "Two Wrong Don't Make A Right, But Three Right Make A Left" (non, non, ils n'ont pas trouvé plus court). L'intro nous téléporte en plein teenage movie, la suite est dans la même veine.
Certains trouvent ça sans âme, fade et trop facile. Qu'ils retournent broyer du noir dans leurs chambres de no life, ou écouter du Children Of Bodom en se grattant les croûtes. Du soleil, de la joie de vivre, du bonheur, c'est ce que véhicule Zebrahead dans ce nouveau skeud. Les 5 californiens savent alterner le "fun" et le plus sérieux. Comme quoi on peut faire du pop punk et être autre chose qu'un stéréotype d'ado skateur. Y'a du niveau, c'est clairement du travail de pros. Et on termine l'écoute en s'étant pris une bonne grosse claque dans la gueule. Même si on a l'impression d'avoir déjà entendu certains trucs, on ne peut nier que c'est toujours aussi bon. un disque à écouter sans se poser de questions.
C'est stylé ET c'est énorme !